Les histoires de princesses pour le coucher évoquent souvent des bals grandioses et des fées marraines. Mais les meilleurs contes modernes pour l'heure du coucher sont souvent beaucoup plus confortables et amusants. Ils prennent l'idée d'une princesse et la renversent, en se concentrant sur les moments petits, stupides et étonnamment proches de la vie royale. Une excellente séance de contes pour le coucher se termine par un rire doux et une image paisible. Voici trois courtes histoires originales et humoristiques de princesses, parfaites pour partager un sourire avant un sommeil calme et rêveur.
Histoire 1 : La princesse et la couronne un peu autoritaire
La princesse Pénélope avait beaucoup de couronnes. Il y avait le diadème scintillant pour les fêtes. Le diadème robuste pour les visites d'État. Mais sa couronne de tous les jours était un simple cercle argenté nommé Réginald. Réginald n'avait qu'une seule tâche : rester bien en place sur la tête de Pénélope. Il n'était pas très doué pour ça.
Un matin, alors que Pénélope pratiquait son violon, Réginald a commencé à s'agiter. Il s'est avancé, bloquant sa vue de la partition. Gratte, gratte.
« Réginald, s'il te plaît », dit Pénélope en le repoussant.
« Cette note était fausse », dit Réginald d'une petite voix métallique. « J'ai un meilleur sens de la hauteur. Peut-être que si tu inclinais ton menton… »
Pénélope soupira. Réginald était plein d'opinions. Il pensait que sa révérence était « un peu chancelante ». Il pensait que la gelée royale sur son toast était appliquée de manière inégale. Il a même essayé de diriger le jardinier sur la taille des roses du haut de sa tête.
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été la séance de portrait. Le peintre royal essayait de capturer son sourire. Réginald n'arrêtait pas d'ajuster son angle. « Mon meilleur profil est le gauche », insista-t-il, en se tordant. Clic, clic, clic. « Non, attendez, le droit a une filigrane plus fine. Peut-on avoir une lumière ici ? »
Le peintre commençait à avoir mal à la tête. Pénélope aussi. Elle leva la main, enleva Réginald de sa tête et le posa sur un oreiller de velours. « Réginald », dit-elle fermement. « Tu es une couronne. Ton travail est d'être porté, pas de diriger. »
Réginald avait l'air dégonflé. « Mais… mais j'ai tellement d'idées ! Les douves du palais pourraient avoir une fontaine ! Le pont-levis grince sur le « et » de trois ! »
« Tes idées sont notées », dit gentiment Pénélope. « Mais pour l'instant, ton travail le plus important est d'être immobile et brillant. Peux-tu faire ça ? »
Réginald poussa un petit soupir métallique. « Je suppose. Pour le royaume. » Il s'installa sur l'oreiller et resta parfaitement immobile. Il ne dit plus un mot. Il a juste… brillé. Et il était à couper le souffle. Le peintre a finalement terminé le portrait, et il était parfait.
Ce soir-là, Pénélope plaça Réginald sur son présentoir spécial. Il était silencieux, reflétant le clair de lune. « Bonne nuit, Réginald », murmura-t-elle.
« Bonne nuit, Votre Altesse », murmura Réginald en retour, sa voix douce. « Votre raie est… parfaitement droite. » Et pour la première fois de la journée, Réginald se contenta d'être une belle couronne silencieuse et endormie.
Histoire 2 : La princesse et l'animal de compagnie qui ne voulait pas rugir
Toutes les princesses de l'histoire d'Evermore avaient un animal de compagnie majestueux. Des lions. Des faucons. Des licornes. L'animal de compagnie de la princesse Elara était un petit dragon violet, quelque peu anxieux, nommé Puff. Puff était parfait en tous points, sauf un : il ne pouvait pas rugir. Il pouvait couiner. Il pouvait émettre de petits nuages de fumée scintillante. Mais un rugissement digne et redoutable ? Impossible.
« C'est bon, Puff », disait Elara en lui grattant le menton. « Tu n'as pas besoin de rugir. » Mais Puff voulait le faire. Il s'entraînait dans la cour. Il prenait une profonde inspiration, gonflait sa poitrine et… « Meeeeep ? »
Les gardes du palais essayaient de ne pas sourire. Les oies royales criaient plus fort.
Un jour, un ménestrel voyageur est venu au château. Il chantait des chansons fortes et tonitruantes sur de grandes batailles. Puff écoutait, enchanté. Pendant une chanson sur un dragon gardant une montagne d'or, le ménestrel laissa échapper un « RUGISSEMENT » formidable et exercé !
Puff fut tellement surpris qu'il sauta sur place, battant des ailes. Flap, flap, sputter ! Un nuage de fumée scintillante remplit l'air. Et au milieu du nuage, par pure surprise, Puff fit un son. Ce n'était pas un rugissement. C'était un SCREEEEEEE-CH aigu, gazouillant et incroyablement fort !
Le son était si inattendu, si étrange, que le ménestrel s'arrêta à mi-note. Une armure à proximité vibra. Une vitre de la fenêtre se fendit en une délicate toile d'araignée.
Le silence tomba. Puis, toute la salle de banquet éclata en applaudissements ! Ils pensaient que cela faisait partie du spectacle ! « Bravo ! Quel rugissement unique ! » cria le roi. « Si moderne ! Si avant-gardiste ! »
Puff, planant dans l'air scintillant, cligna des yeux. Il avait fait un son ! Un grand son ! Ce n'était pas un rugissement… c'était son son. Il atterrit fièrement à côté d'Elara et gonfla sa poitrine.
À partir de ce jour, Puff n'a plus jamais essayé de rugir. Quand il avait besoin de se faire entendre, il émettait son magnifique SCREEEEEEE-CH ! Il dégageait les couloirs. Il annonçait le dîner. C'était, officiellement, le Couinement Royal d'Importance. Ce soir-là, alors qu'Elara se préparait pour le coucher, Puff se blottit sur son coussin de soie. Il essaya de bâiller, ce qui se transforma en un doux ronronnement.
« C'est aussi un bon son », murmura Elara en éteignant la lampe. Dans l'obscurité, les expirations joyeuses et scintillantes de Puff ressemblaient à de minuscules étoiles flottantes. C'était un dragon qui avait trouvé sa voix, et elle était merveilleusement, parfaitement bizarre. Il ferma les yeux, un petit dragon violet et satisfait, silencieux enfin.
Histoire 3 : La princesse qui aimait son pantalon de survêtement
La garde-robe de la princesse Geneviève était pleine de magnifiques robes. Des robes de soie qui bruissaient. Des robes de velours qui murmuraient. Mais ce que Geneviève préférait porter, c'était une vieille paire de pantalon de survêtement grise et douce et un sweat-shirt douillet. C'étaient ses « vêtements confortables ».
Sa mère, la reine, était horrifiée. « Une princesse doit être élégante en toutes circonstances ! Et si un ambassadeur rendait visite de façon inattendue ? »
« Je mettrai une robe », disait Geneviève, blottie sur un siège près de la fenêtre avec un livre.
Un soir, un grand bal était organisé. Le palais était en émoi de préparation. La nouvelle robe de Geneviève, faite de tissu de clair de lune et de dentelle de soie d'araignée, était prête. Elle était magnifique. Elle était aussi incroyablement irritante.
Alors que les premiers invités arrivaient, Geneviève restait parfaitement immobile pendant que ses dames d'honneur faisaient les dernières retouches. La dentelle lui chatouillait le cou. La jupe intérieure pinçait. Elle fit un pas et entendit un rrrrrip redouté. Une petite couture de la dentelle délicate avait cédé.
« Désastre ! » s'écria la couturière en chef.
Mais Geneviève eut une idée. Une idée brillante et confortable. « Laissez-moi faire », dit-elle.
Dix minutes plus tard, la princesse Geneviève entra dans la salle de bal. La musique s'arrêta. Tout le monde s'est exclamé. Elle ne portait pas la robe de clair de lune. Elle portait son pantalon de survêtement gris et doux et son sweat-shirt douillet… mais elle les avait « royalisés ». Elle avait épinglé son diadème de diamants sur la capuche du sweat-shirt. Elle avait drapé le long collier de perles scintillantes de sa grand-mère sur ses épaules. Elle portait ses meilleurs chaussons de velours.
Elle avait l'air ridicule. Et incroyable. Et complètement, totalement à l'aise.
« Je déclare ceci le Bal Confortable ! » annonça-t-elle. « Tout le monde peut se changer avec ses vêtements les plus confortables ! »
Il y eut un moment de silence. Puis, le jeune duc du royaume voisin rit et arracha sa veste raide. Le prince en visite disparut et revint en chaussettes moelleuses. Bientôt, la salle de bal fut pleine de nobles en pyjamas, en robes et en vieux pulls préférés. Ils dansaient mieux. Ils riaient plus fort. Ce fut le meilleur bal que le royaume ait jamais vu.
Ce soir-là, très tard, Geneviève grimpa dans son immense lit, toujours dans son pantalon de survêtement bien-aimé. Le diadème de diamants était de retour sur sa table de chevet. Les perles étaient dans leur boîte. Mais le tissu doux et gris était toujours là, chaud et familier. Elle remua ses orteils avec contentement.
Une vraie princesse, pensa-t-elle alors que ses yeux se fermaient, sait que la chose la plus royale que l'on puisse porter est un sourire. Et il est beaucoup plus facile de sourire quand on est vraiment, vraiment à l'aise. Avec cette pensée joyeuse, la princesse en pantalon de survêtement s'endormit, rêvant d'un royaume où chaque jour était une journée confortable.

